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Le nombre de médecins de famille et de l’enfance est beaucoup trop bas alors que celui des patientes et patients ne cesse de croître. La médecine de famille et de l’enfance fait face à une véritable crise. Il est aujourd’hui difficile, voire impossible, pour les patientes et patients de trouver un médecin de famille ou de l’enfance et bon nombre de cabinets se retrouvent sans successeurs ou se voient contraints de refuser les nouvelles patientes et nouveaux patients. Il manque de médecins et la relève fait défaut. Cela fait des années que les universités, les associations professionnelles, les expert-e-s ainsi que les médecins de famille et de l’enfance tirent la sonnette d’alarme, craignant une pénurie des soins qui pourrait avoir de graves conséquences.
La médecine de famille est capable de résoudre 94 % de tous les problèmes de santé de manière autonome, ne générant pour ce faire que 8 % des coûts totaux du système de santé. Cette médecine à bas seuil est efficace tout en étant peu coûteuse. Mais si nous ne prenons pas maintenant les mesures nécessaires pour renforcer la médecine de famille et de l’enfance et assurer son avenir, l’approvisionnement médical de la population ne pourra plus être garanti, ce qui entraînera une hausse considérable des coûts de santé (déjà élevés), pour des raisons évidentes que nous avons déjà énumérées maintes fois.
À l'avenir, au moins 50 % des étudiants en médecine devront opter pour la médecine générale et la pédiatrie afin de répondre aux besoins futurs. Pour cela, il faut renforcer et rendre plus attrayante la formation en médecine générale dans les universités.
Pour que tous les futurs médecins généralistes et pédiatres puissent acquérir une expérience pratique et choisissent de s'installer en cabinet, il est nécessaire d'augmenter le nombre de postes d'assistants en cabinet médical pendant la formation continue, pour passer de 280 aujourd'hui à 720.
Pour toutes ces mesures et d'autres mesures d'accompagnement, nous avons besoin d'un «programme d'impulsion pour la médecine de famille». Le message FRI 2025-2028 doit prévoir à cet effet une enveloppe de 200 millions de francs affectés à cet usage.
Les besoins en soins médicaux de base ne cessent d’augmenter. Selon les projections de l’Office fédéral de la statistique, la population suisse devrait croître d’environ 8,8 % entre 2021 et 2030. Dans ce scénario, la proportion des plus de 65 ans passerait de 18,9 % en 2020 à 25,6 % en 2050. Aujourd’hui, la moitié des personnes âgées de plus de 65 ans souffrent d’au moins deux maladies chroniques[1]. La tendance est à la hausse, et 17,7 % des personnes âgées de plus de 75 ans en Suisse ont consulté leur médecin de famille cinq fois ou plus au cours des 12 derniers mois[2].
La médecine générale et pédiatrique constitue un pilier central des soins de santé. Plus la densité de médecins généralistes est élevée dans un système, meilleure est la santé générale de la population[3][4]. Une couverture suffisante en médecins de premier recours va de pair avec une mortalité plus faible et une diminution des hospitalisations. À l’inverse, une pénurie de médecins de famille entraîne une augmentation des consultations d’urgence (coûteuses) et des hospitalisations inutiles. De plus, il est bien connu que la médecine de famille est extrêmement rentable et que plus de 90 % des cas traités par les médecins de famille sont résolus de manière définitive.
La crise des effectifs médicaux va continuer à s'aggraver. L'âge moyen des médecins généralistes et pédiatres en Suisse est passé de 51 ans en 2015 à 55 ans en 2020, et la proportion de femmes s'élevait à 61 % en 2020[5]. Une étude réalisée en 2021 par l'organisation romande de consommateurs FRC[6] a révélé qu'il fallait en moyenne 2,3 appels téléphoniques pour obtenir un rendez-vous chez un nouveau médecin à Genève, 14,5 à Delémont et même 30,5 à Fribourg. À Berne, 60 % des médecins généralistes ne peuvent plus accepter de nouveaux patients[7].
Il faut davantage de médecins généralistes pour le même volume de travail. Pour les jeunes médecins généralistes et pédiatres ainsi que pour ceux de demain, la conciliation entre vie professionnelle et vie privée est une priorité absolue. En 2023, 41 % des médecins généralistes souhaitaient une réduction de leur temps de travail au cours des trois années à venir (le temps de travail hebdomadaire moyen des médecins généralistes et pédiatres s’élève à 55 heures pour un emploi à temps plein[8]. Cela s’accompagne d’une diminution de la charge de travail individuelle par médecin généraliste et pédiatre. Cela signifie tout simplement qu’il faut davantage de médecins généralistes et de pédiatres. L’étude sur la main-d’œuvre de 2010 a calculé un facteur de 1,7. Si une médecin généraliste cesse aujourd’hui son activité pour raison d’âge, il faut en réalité deux successeurs pour la remplacer.
Beaucoup trop peu de médecins s'orientent vers la médecine de premier recours. Selon un rapport de l'Obsan, 50 % des diplômés en médecine devraient choisir l'une des disciplines de la médecine de premier recours pour que la demande en relève puisse être satisfaite (étude Workforce 2015). Fin 2022, seuls 36 % des médecins titulaires d'une autorisation d'exercer possédaient un titre de spécialiste en médecine interne générale ou en pédiatrie[9] ou exerçaient en tant que médecin généraliste. C'est nettement trop peu. Au Danemark, on estime que 60 % du corps médical doit exercer dans les soins de base pour qu’un tel système fonctionne.
Sources :
[1] Enquête suisse sur la santé 2017 / 2022
[2] Enquête suisse sur la santé 2017 / 2022
[3] Starfield B. et al. (2005) : Contribution of Primary Care to Health Systems and Health
[4] Sandvik H. et al. (2022) : Continuité des soins en médecine générale comme facteur prédictif de la mortalité, des hospitalisations aiguës et du recours aux soins en dehors des heures
d’ouverture[5] Obsan 01/23 : Médecins en soins de base – Situation en Suisse et comparaison internationale
[6] Fédération romande des consommateurs : Recherche médecin, désespérément :
[7] Étude sur la main-d’œuvre 2020–2025 (canton de Berne)
[8] Swizzhealthweb resp. OFS : Statistiques de la santé
[9] OFSP : Statistiques des médecins 2022
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